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— Article 30 du RGPD —

Le registre des activités de traitement :
l'obligation fondatrice

Le registre est le premier document exigé par la CNIL et la colonne vertébrale de toute conformité RGPD. Obligatoire pour toutes les structures qui traitent des données de santé — sans exception de taille — il doit être tenu à jour en permanence.

Obligatoire Art. 30 RGPD Toutes structures de santé Premier document contrôle CNIL

Qui est concerné — et pourquoi les structures de santé n'ont aucune dérogation

L'article 30 du RGPD impose à tout responsable de traitement de tenir un registre documentant l'ensemble de ses activités de traitement de données personnelles. C'est donc la structure elle-même — représentée par son responsable légal — qui doit le constituer, le tenir à jour et pouvoir le présenter à tout moment à la CNIL. Cette obligation vise tous les organismes, publics comme privés, quelle que soit leur taille dès lors qu'ils traitent des données de santé.

Responsable de traitement

Toute structure qui détermine les finalités et les moyens du traitement

En tant que responsable de traitement, vous décidez pourquoi et comment des données personnelles sont traitées. Cela inclut les CPTS, MSP, réseaux de périnatalité, établissements de santé, cabinets libéraux et toute structure du secteur sanitaire et médico-social.

  • Toute association loi 1901 (CPTS, MSP association...)
  • Tout groupement professionnel (GCS, GIP, groupement de coopération sanitaire)
  • Tout professionnel libéral exerçant à titre individuel
Obligatoire — Article 30.1 du RGPD

Sous-traitant

Les prestataires qui traitent des données pour votre compte

Tout sous-traitant (éditeur de logiciel, hébergeur, prestataire informatique, société de télésecrétariat…) qui traite des données pour le compte d'une structure de santé doit également tenir son propre registre des activités de sous-traitance.

  • Hébergeurs agréés HDS
  • Éditeurs de logiciels métier (DMP, SIH, téléconsultation…)
  • Prestataires de télésecrétariat médical
Obligatoire — Article 30.2 du RGPD

L'exception qui ne s'applique pas en santé

Moins de 250 salariés : l'exception ne joue pas pour vos structures

Le RGPD prévoit une exception pour les organismes de moins de 250 salariés… mais uniquement si leurs traitements ne portent pas sur des données de catégories particulières. Or, les données de santé sont explicitement des données de catégories particulières au sens de l'article 9 du RGPD. Cette exception ne s'applique donc jamais aux structures du secteur sanitaire et médico-social.

Données de santé = Art. 9 RGPD = aucune dérogation possible. Qu'il s'agisse d'une CPTS de 2 salariés ou d'un hôpital de 2 000 agents, l'obligation de tenir un registre des activités de traitement est identique. La taille de la structure ne change rien.

Les 8 mentions que doit contenir votre registre

Pour chaque activité de traitement recensée, l'article 30 du RGPD impose de documenter huit éléments. Chaque ligne de votre registre correspond à un traitement distinct — et doit renseigner l'ensemble de ces champs pour être complète et défendable.

01

Identité du responsable de traitement

Nom, adresse et coordonnées de l'organisme et de son représentant légal. Si un DPO a été désigné — et déclaré à la CNIL — ses coordonnées doivent également y figurer : c'est le premier contact identifiable en cas de demande ou de contrôle.

  • Raison sociale et siège social
  • Représentant légal (président, directeur…)
  • Coordonnées du DPO si désigné
02

Les finalités du traitement

Pour chaque traitement, vous devez indiquer clairement pourquoi ces données sont collectées et utilisées. La finalité doit être déterminée avant le traitement — pas après. Une finalité vague ou trop large est inacceptable juridiquement.

  • "Coordination du parcours de soins des patients sans MT"
  • "Gestion des adhérents professionnels de santé"
  • "Organisation des ateliers d'éducation thérapeutique"
03

Les catégories de personnes concernées

Qui sont les personnes dont vous traitez les données ? Cette liste doit être exhaustive — les structures de santé oublient souvent certaines catégories qui ne sont pas liées aux patients.

  • Patients et leurs proches
  • Professionnels de santé membres
  • Salariés et intervenants extérieurs
  • Contacts du site internet (formulaire, newsletter…)
04

Les catégories de données traitées

Quelles données sont effectivement traitées pour chaque activité ? En santé, l'identification précise est cruciale : les données de santé (Art. 9 RGPD) font l'objet d'obligations renforcées et nécessitent une base légale spécifique.

  • Données d'état civil et de contact
  • Numéro de sécurité sociale (NIR)
  • Données de santé : diagnostics, traitements, antécédents…
  • Données sociales (couverture maladie, situation de handicap…)
05

Les destinataires des données

Qui reçoit ces données ? Tout destinataire interne ou externe doit être identifié — y compris les logiciels en SaaS qui accèdent aux données. C'est souvent le point le plus sous-estimé dans les registres construits sans accompagnement.

  • Professionnels de santé partenaires
  • CPAM, ARS, collectivités
  • Hébergeur agréé HDS, éditeur de logiciel
  • Expert-comptable, cabinet RH…
06

Les transferts hors Union européenne

Si des données sont transmises vers un pays hors UE — via un outil cloud américain, un logiciel de visioconférence ou d'emailing étranger — vous devez documenter les garanties mises en place (clauses contractuelles types, décision d'adéquation…).

  • Outils de visioconférence (Zoom, Teams…)
  • Services d'emailing (Mailchimp, Brevo avec serveurs hors UE…)
  • Solutions CRM ou de gestion hébergées aux États-Unis
07

Les durées de conservation

Combien de temps conservez-vous les données après la fin de leur utilisation ? En santé, ces durées sont souvent fixées par la loi et ne sont pas négociables. Un registre sans durées de conservation renseignées est juridiquement incomplet.

  • Dossier patient : 20 ans à partir du dernier soin (Art. R. 1112-7 CSP)
  • Données RH : 5 ans après la fin du contrat
  • Données comptables : 10 ans
  • Cookies et traces de navigation : 13 mois maximum
08

Les mesures de sécurité (description générale)

Une description générale — non exhaustive — des mesures techniques et organisationnelles mises en place pour protéger les données. Ce n'est pas un audit de sécurité, mais une documentation de l'essentiel de votre dispositif de protection.

  • Hébergement agréé HDS (si données de santé)
  • Authentification multi-facteurs, habilitations par rôle
  • Sauvegardes journalières chiffrées
  • Formation des équipes, procédure de gestion des violations

Pour les structures de santé, chaque traitement doit également mentionner sa base légale (Art. 6 et 9 RGPD). La base légale n'est pas explicitement listée à l'Art. 30, mais la CNIL considère qu'elle fait partie du contenu attendu d'un registre complet — et la demande systématiquement lors des contrôles.

Le modèle proposé par la CNIL

La CNIL met à disposition un modèle de registre téléchargeable gratuitement, conçu pour aider les organismes à démarrer. C'est un bon point de départ pour comprendre la structure d'un registre — mais il reste générique et ne tient pas compte des spécificités juridiques du secteur de la santé.

Modèle officiel CNIL — Registre des activités de traitement

Le modèle proposé par la CNIL est un document PDF structuré en deux parties (responsable de traitement + sous-traitant). Il vous permet de recenser vos traitements selon les colonnes de l'Art. 30 RGPD, avec des exemples pré-remplis pour vous guider.

Il est téléchargeable directement depuis le site officiel de la CNIL, en accès libre et gratuit.

Attention : ce modèle est conçu pour tout type d'organisme. Il ne mentionne pas les bases légales spécifiques aux données de santé (Art. 9(2)(h) RGPD, Art. L. 1110-4 du Code de la santé publique), n'intègre pas les durées de conservation propres au secteur médical, et ne guide pas sur les traitements qui déclenchent une AIPD obligatoire. Pour une structure de santé, utiliser ce modèle tel quel sans expertise peut donner l'illusion d'un registre complet alors qu'il reste lacunaire.
Aperçu de la fiche de registre CNIL — Fiche de registre de l'activité
Aperçu du modèle CNIL
Télécharger le modèle CNIL (PDF) cnil.fr · PDF gratuit · registre_rgpd_basique.pdf

Pourquoi un DPO externalisé est souvent indispensable

Construire un registre conforme en santé ne consiste pas à remplir un tableur. C'est un travail d'analyse juridique qui demande de maîtriser les bases légales propres aux données de santé, d'identifier tous les traitements — y compris les moins évidents — et d'anticiper les obligations qui en découlent.

Ce qu'un coordinateur ou directeur administratif ne peut pas faire seul

Même avec la meilleure volonté, la conformité RGPD en santé mobilise des compétences juridiques que les équipes internes n'ont généralement pas. Voici pourquoi un accompagnement extérieur fait la différence entre un registre en façade et un registre réellement défendable.

Recenser l'exhaustivité des traitements — Les structures de santé sous-estiment systématiquement le nombre de leurs traitements. Au-delà des dossiers patients, il y a les emails, les outils de visioconférence, les logiciels RH, les cookies du site internet, les listes de diffusion, les caméras de surveillance… Un DPO sait où chercher les traitements oubliés.
Déterminer la bonne base légale pour chaque traitement — En santé, plusieurs bases légales coexistent : obligation légale (Art. 9(2)(h) RGPD), mission d'intérêt public, consentement explicite, intérêt vital… Choisir la mauvaise base légale invalide juridiquement le traitement et expose l'organisme à des sanctions. Ce choix nécessite une analyse juridique au cas par cas.
Identifier les traitements qui déclenchent une AIPD obligatoire — Plusieurs lignes de votre registre imposeront de réaliser une Analyse d'Impact relative à la Protection des Données. Sans maîtrise des critères CNIL (9 critères, seuil à 2), ces traitements passent inaperçus — et la structure s'expose à une mise en demeure.
Maintenir le registre vivant dans la durée — Un registre n'est pas un document figé. Chaque nouveau logiciel, chaque nouveau partenariat, chaque nouvelle mission entraîne une mise à jour obligatoire. Sans processus de suivi, le registre devient rapidement obsolète — et sa valeur juridique tombe à néant en cas de contrôle.

— Passez à l'action —

Un registre complet, conforme et maintenu à jour

RGPD Santé accompagne les structures de santé dans la construction et la mise à jour de leur registre des activités de traitement — avec la rigueur juridique que le secteur impose.